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Agriculture et Abeilles sont compatibles

Une réflexion au sujet de « Agriculture et Abeilles sont compatibles »

  1. Bonjour,
    Je suis véritablement déçu d’avoir reçu cette article de la part de l’Abeille des Deux-Sèvres.
    C’est un article creux sans aucun fait scientifique (aucune étude précise n’est référencée) et juste une opinion personnelle d’un apiculteur pour ne pas dénigrer l’utilisation des produits phytosanitaires notamment les néonicotinoïdes.
    Je trouve également irrespectueux de dénigrer autant les apiculteurs amateurs (qui constituent une très grande part des adhérents du syndicat ! ) et de leur jeter entièrement la faute sur les pertes de colonies. Il me semble que les apiculteurs professionnels des Deux-Sèvres sont tout aussi touchés par les pertes hivernales que les amateurs, soit entre 20 et 30% de pertes en moyenne.

    Je vous conseil vivement de lire le livre de Stéphane Foucart : « Et le monde devint silencieux » (Août 2019). Dans ce livre nous apprenons que l’étude de l’Anses intitulée : « Mortalités, Effondrements et affaiblissement des colonies d’abeilles » (février 2009) met effectivement en avant le Varroa et les autres pathogènes en première cause de mortalité. Les pesticides sont la deuxième cause de mortalité et « sans grande importance ». Suite à cette publication, un communiqué publié par le « Réseau biodiversité pour les abeilles » (financé par BASF : commerçant du Fipronil) résume les 220 pages de l’étude : « Le Varroa joue un rôle majeur dans les mortalités d’abeilles. » La question des insecticides est traitée de manière périphérique et marginale. Toute la presse Française reprendra ces conclusions.

    Selon l’auteur du livre : « Le rapport porte en lui-même sa propre contradiction. Il précise en effet deux éléments clés du dossier qui laissent fortement suspecter que les maladies ne sont pas la cause déterminante et première des mortalités et des affaiblissements récents des colonies. « Dans de nombreux pays industrialisés, les populations de […] pollinisateur connaissent, depuis une cinquantaine d’année, un déclin qui semble s’accélérer, préoccupant tant au plan écologique qu’économique en raison des pertes de productions végétales qu’il engendre d’une part, et de l’atteinte à la biodiversité d’autre part », précise en effet, le rapport dans son introduction. Puis les auteurs ajoutent : « les affaiblissements et pertes de colonies sont signalés, en France, principalement mais non exclusivement dans les zones de grandes cultures agricoles. » La simple logique conduit à s’interroger : si les autres pollinisateurs déclinent également – alors que dans leur grande majorité ils ne sont pas sensibles aux mêmes pathogènes que l’abeille – N’y a t-il pas lieu de suspecter une cause sous-jacente sans rapport avec le Varroa et autres pathogènes qui frappent les colonies d’hyménoptères domestiques ? De même, si les affaiblissements et les pertes de colonies sont principalement signalés en zone de grandes cultures, n’y a t-il pas lieu de suspecter une cause majeure en lien avec les grandes cultures, plutôt qu’avec la prolifération des maladies ? Voire que cette prolifération de maladies ait un lien avec, précisément, les grandes cultures ?

    Cordialement,

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